Virus FIV / FELV

Définition FIV

Le virus de l’Immunodéficience Féline (VIF ou FIV, de l’anglais Feline Immunodeficiency Virus) est un virus qui cause le syndrome d’immunodéficience acquise (sida) du chat, une maladie virale grave du chat. Elle est due à un lentivirus (sous-groupe des rétrovirus, proche du VIH). Cette maladie découverte en 1986 est responsable d’une immunodéficience qui rend le chat vulnérable aux infections.

Cette maladie est équivalente au sida de l’Homme, mais il n’y a aucun risque de transmission du chat à l’homme (les virus sont différents). Cette maladie n’est pas non plus transmissible aux autres espèces et n’atteint donc que les chats.

Définition FELV

La leucose féline est une maladie causée par le virus leucémogène féline, aussi appelée couramment le virus de la leucose féline (ou FeLV, de l’anglais Feline leukemia virus) qui fut isolé pour la première fois dans les années 1960. Le test qui a permis de le mettre en évidence a été développé en 1973. Le virus de la leucose est un rétrovirus, un virus dans lequel l’information génétique est contenue dans l’ARN au lieu de l’ADN. Tous les rétrovirus, y compris le virus de l’immunodéficience féline (FIV) et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH ou HIV), produisent une enzyme appelée transcriptase inverse. La transcriptase inverse leur permet d’insérer des copies de leur matériel génétique dans celui des cellules qu’ils ont infectées. Bien qu’on les prenne souvent par erreur comme un seul virus, le FeLV et le FIV diffèrent sous bien des aspects :

  • Ils diffèrent entre autres par leur aspect : le FeLV est plutôt circulaire alors que le FIV est allongé.
  • Les deux virus sont également assez différents sur le plan génétique, et leurs protéines de surface diffèrent en taille et en composition.
  • Bien que de nombreuses maladies causées par le FeLV et le FIV soient similaires, les voies spécifiques par lesquelles elles sont causées sont différentes.

Transmission et populations à risque

Le FIV touche davantage les chats non stérilisés, et notamment les mâles non castrés, du fait de leur comportement à risque. Le FIV se transmet en effet généralement par morsure (sang et salive), par rapports sexuels ; la transmission de la mère au chaton peut avoir lieu, notamment par le biais de la lactation, mais elle est loin d’être automatique et un test positif n’aura de signification qu’après la perte des anticorps maternels. La transmission par simple léchage est rare mais possible. La transmission par l’intermédiaire d’objets ou surfaces est théoriquement possible mais rarissime, étant donné la fragilité du virus en milieu extérieur. Le vaccin contre le FIV a une efficacité limitée et n’est pas disponible en Europe. Il est rare que 2 chats stérilisés qui s’entendent bien se transmettent le FIV, mais l’isolement des chats positifs reste le meilleur moyen de prévention.

Pour le FeLV, la concentration du virus dans la salive est généralement élevée, mais celui-ci peut aussi se retrouver dans l’urine, les matières fécales, et bien sûr le sang. La transmission peut donc se faire par simple contacts oraux-nasals (« nez-à-nez », etc.), par léchage, par partage d’une gamelle voire d’une même litière. Les populations les plus vulnérables à une contamination sont les chatons de moins de 4 mois. 80 à 85% des chats de plus d’1 an développent une immunité naturelle au virus et combattrons l’infection avec succès si infectés. En revanche, seuls 15% des chatons de moins de 4 mois infectés pourront se renégativer. Généralement, les chats positifs au FeLV développent la maladie avant leurs 3 ans. La vaccination semble assez efficace après une primo-vaccination complète.
Si vous devez être famille d’accueil, il vaut mieux vacciner votre chat contre le FeLV et le chat que vous accueillez, et ce au moins 2 semaines avant de les mettre en contact (le temps que l’immunité se mette en place). Il peut donc être préférable de faire tester vos chats. En effet, la particularité de ces 2 virus est qu’ils peuvent rester latent des années, et tandis qu’un chat peut être porteur et potentiellement contaminer les autres, aucun signe extérieur ne le laisserait présager. Or, il peut s’avérer difficile de déterminer si un chat est en réalité porteur ou non de ces virus, un test pouvant se révéler positif, tandis qu’un autre pratiqué au même moment ou plus tard ne le sera pas. Tâchons d’expliquer pourquoi et d’y voir plus clair pour tester plus efficacement.

Détection

Nous vous conseillons Western blot pour le FIV, au moins 2 mois après l’infection supposée et uniquement sur des chats de plus de 6 mois. Pour le FeLV, PCR quantitative si possible, et sinon, test rapide puis 4 mois plus tard, IFA pour confirmation ou, à défaut, nouveau test rapide. Les chatons et chats vaccinés peuvent être testés pour le FeLV. L’explication ci-dessous pour les courageux !

Le test FIV

Il est inutile de faire tester un chaton pour le FIV avant ses 6 mois car les anticorps de la mère infectée peuvent passer dans le colostrom et induire des faux positifs. La plupart des chatons séropositifs deviendront ainsi séronégatifs (jusqu’à 100% selon certains études). Le test par PCR teste certes la présence d’antigènes, mais il est peu fiable et il faut dans tous les cas attendre au minimum 60 jours après l’infection potentielle (parfois plus) pour tester puis refaire un test pour confirmer l’infection. Chez l’immense majorité des chats, la primo-infection est suivie d’une période asymptomatique (sans symptômes) qui peut aller de quelques mois jusqu’à 10 ans selon certains auteurs. Les animaux infectés jeunes présentent une phase asymptomatique plus longue.

  • Des faux positifs peuvent avoir lieu dans les cas suivants : un chaton protégé par les anticorps maternels ; une erreur inhérente au test ; une erreur de manipulation.
  • Des faux négatifs sont possibles si : l’infection est trop récente ou au contraire, au stade final de la maladie (« stade SIDA » caractérisé par des complications infectieuses ou tumorales), en cas d’erreur de manipulation, d’erreur inhérente au test, ou à cause d’un « effet de zone ».
  • En cas de suspicion de FIV et de test négatif, un 2e test peut être effectué après un délais de 60 jours minimum après la dernière exposition supposée au virus (délais de séroconversion, c’est-à-dire phase où les anticorps apparaissent suffisamment dans le sang pour qu’on puisse les doser).
    Les tests sur sérum ou plasma sont plus efficaces que ceux effectués sur sang total (les globules rouges compris dans le sang « total » diminuent la sensibilité du test qui sera plus sensible s’il s’effectue uniquement sur le plasma, ou mieux, le sérum) .
  • Les tests rapides (ELISA) détectent certains des anticorps produits lors d’une infection au FIV. Les risques de faux-positifs sont très rares car la plupart des tests ELISA sont très spécifiques mais seulement si le test est bien fait et si les kits ont été bien conservés. Ainsi, certaines études ont montré qu’il pouvait y avoir jusqu’à 32% de faux positifs alors que les tests effectués par les fabriquant en laboratoire garantissaient une spécificité proche des 100%. D’autres études ont donné le chiffre de 20% de faux-positifs quand les tests sont effectués hors laboratoire. Les faux-négatifs sont en revanche rares. Une confirmation d’un résultat positif par Western blot est donc indispensable. Des résultats équivoques peuvent aussi avoir lieu si le chat a été récemment infecté et est en train d’opérer une séroconversion ou si le test est effectué sur sang total et donc moins sensible, ou encore si la concentration de virus est très importante, rendant la détection des anticorps plus difficile. La confirmation est encore nécessaire dans ce cas.
  • Le test par immunofluorescence IFA détecte un nombre bien plus élevé d’anticorps du FIV que le test ELISA. Il est donc plus fiable pour détecter ces anticorps. Les faux-positifs sont aussi plus rares (10%), mais certains ont lieu car son interprétation est plus subjective. Il peut permettre de confirmer un test positif à ELISA ou un test négatif chez un chat suspecté de FIV ou encore trancher un résultat discordant entre un test ELISA et un PCR.
  • Le Western blot détecte une série d’anticorps se fixant à des antigènes viraux et est utilisé comme test de confirmation. Passé le délai de séroconversion (2 mois), ce test est extrêmement fiable (98%).
  • La PCR détecte des antigènes voire l’ADN proviral du FIV dans le sang. L’avantage est qu’il détecte l’infection au FIV même sans présence d’anticorps spécifiques (donc peut dépister des chats avant leur séroconversion ou au dernier stade de la maladie). Cependant, le test PCR ne détecte pas tous les sous-types et variants du FIV et des faux-négatifs peuvent avoir lieu, de même si les charges virales sont sous le seuil de détection (ce qui est notamment le cas lors de la phase asymtomatique, très longue). Des faux-positifs peuvent aussi avoir lieu. La sensibilité et la spécificité des tests varient entre 40 et 100%. En cas de résultats discordants avec un test sur les anticorps, il convient d’en discuter avec le laboratoire ayant effectué le test PCR. Toutefois, la plupart des auteurs déconseillent ce test.

En conclusion, quand 2 tests effectués sont discordants, il est difficile d’établir le statut infectieux réel du chat. Un 3e test peut permettre de trancher. La sensibilité des tests par PCR n’est pas forcément meilleure, selon les tests PCR utilisés, et induisent davantage de faux-négatifs. De plus, la détection d’anticorps dans le sang périphérique est suffisante pour déterminer l’infection, tandis que les antigènes sont souvent présents en nombre insuffisant. Le Western Blot reste le test le plus fiable, avec le test ELISA s’il est bien pratiqué et avec des kits non défectueux. En outre, il convient d’interpréter un test positif à ELISA selon les circonstances : les faux-positifs sont plus probables chez un chat en bonne santé et issu d’une population à faible prévalence de la maladie (jeunes chats stérilisés par exemple). Le chat devra être absolument testé à nouveau par Western Blot pour confirmer l’infection.

Dans le cas de chats malades, il faut dépister au FIV les chats présentant une maladie chronique ou débilitante, de la fièvre ou une perte de poids ; ainsi que ceux présentant une anémie, une gingivite, une stomatite, une neuropénie, une glossite, un lymphome, et une infection respiratoire supérieure chronique.
Le test devrait être renouvelé 3 mois plus tard en cas de suspicion ou si le test est positif.

Le test FeLV

Là encore, tester n’est pas simple. Quel que soit le test, pour détecter l’infection, il faut attendre minimum 28 jours après l’exposition au virus. L’antigénémie peut même apparaître plusieurs mois après. En effet, les infections latentes sont courantes pour le FeLV. Les chats infectés n’émettent pas les protéines détectés par les tests classiques. Le test par PCR est nécessaire pour détecter ces infections latentes. La latence peut disparaître avec l’élimination progressive du virus. Cependant, certains chats vont maintenir l’infection latente qui se transformera en incubation prolongée, en une virémie transitoire (test qui se révèle positifs ou négatifs selon les périodes), en une apparition tardive d’une insuffisance médulaire (ce qui fait que certains chats infectés ne rejetteront pas le virus dans le sang et seront donc négatifs à Elisa et IFA) ou en une malignité tardive. La non-détection de la maladie est donc fréquente avec les tests rapides si la contamination est latente. De plus, des faux-négatifs peuvent avoir lieu avec le test IFA si le chat est leucopenique.
Les anticorps maternels ne perturbent pas le test, cependant, il est préférable d’attendre quelques mois pour éviter les faux-négatifs ou les positifs transitoires du fait d’une infection latente. Les anticorps contenus dans le vaccin FeLV ne perturbent pas non plus les résultats.

Etant donné que les chats FeLV positifs se renégativent dans la plupart des cas, un seul test positif à un moment donné sur un chat qui ne présente pas de signe clinique a peu de signification. Le test devra être refait 4 mois plus tard. Les tests ELISA sur salive ou larmes sont peu fiables. Le test PCR peut servir à détecter les infections latentes, mais si le chat présente des signes cliniques, alors le test ELISA est plus indiqué. Le test par PCR ne contourne pas le problème de la renégativation des chats.
Le test PCR est utile notamment comme test de confirmation. Le test rapide est surtout indiqué chez les chats malades, notamment s’ils sont atteints d’anémie, de maladies chroniques, lymphome, maladie de la moelle osseuse ou polyarthrite.

En résumé, la signification des tests est la suivante :

  • Un test ELISA positif indique la présence du virus dans le sang, indiquant une virémie à ce stade. Si le chat ne présente encore aucun symptôme, il y a de fortes chances qu’il surmonte l’infection dans un délai de 3 semaines à 4 mois. Il faut donc le retester 4 mois plus tard avec ELISA, ou pratiquer un test par PCR ou IFA pour confirmer le résultat. Les faux négatifs sont rares surtout chez un chat sain et dépendent de la sensibilité du test. Les faux-positifs sont moins fréquents avec test sur sérum ou plasma, mais les erreurs de manipulation ou dues à la mauvaise conservation du kit peuvent survenir.
  • Un test IFA positif indique la présence de cellules contaminées par le Felv. La contamination de la moelle osseuse n’intervient qu’après plusieurs semaines à compter de la contamination. Il y a donc de fortes chances pour que le chat positif à ce test ne puisse pas se renégativer, bien qu’une virémie transitoire soit encore possible (3% des cas). On peut retester le chat quelques mois plus tard pour confirmer le test, mais ce n’est pas indispensable. Ce test est négatif tant que le virus n’a pas atteint la moelle osseuse. Des faux positifs peuvent survenir si le test est mal pratiqué ; les faux-négatifs sont fréquents lors de la première phase de la virémie (< 4 mois). Ce test est assez fiable.
  • Un test PCR positif survient lors d’une virémie transitoire ou persistante, mais aussi en cas de latence ou si l’infection a été surmontée. C’est une méthode très sensible pour détecter le FeLV et il y a très peu de faux-négatifs. Une PCR quantitative permet de déterminer s’il s’agit d’une virémie persistante (quantité importante de « provirus ») ou d’une contamination surmontée voire latente (faibles quantités). En cas de PCR non quantitative positive accompagnée d’un autre test négatif, il peut s’agir d’un chat qui a surmonté l’infection, mais il y a une possibilité théorique que la présence de provirus puisse provoquer la maladie ou réactiver l’infection ou encore indiquer une néoplasie. Aucune étude ne permet à ce jour de prévoir avec exactitude les effets d’une contamination latente sur le long terme (Blackwell, 2006). La PCR quantitative reste le test le plus fiable, surtout si on ne peut en pratiquer qu’un seul.

Dans une communauté de chats où tous sont bien portants, il est rare que les chats soient contaminés par le FeLV. Une fois encore, un test positif obtenu sur un chat présentant un des symptômes du FeLV sera plus fiable qu’un résultat positif sur un chat sain. En cas de doute sur le résultat, il convient de confirmer le test, 4 mois plus tard.

Les chats positifs portent le FeLV dans leur salive et sont contaminants pour les autres chats. La vaccination est importante et elle n’est vraiment efficace qu’après une primo-vaccination complète et passé le délai garantissant l’immunité du chat.

Références: